La renaissance du NPD au Nouveau-Brunswick?
Publié le 15 juillet 2010, Julien Abord-Babin, L'Étoile, A3
Roger Duguay ne s'en cache pas, les dernières élections ont été désastreuses pour le Nouveau Parti démocratique (NPD) du Nouveau-Brunswick. Alors que le parti de gauche réussissait généralement à obtenir environ 10% des voix aux élections provinciales, il n'aura obtenu en 2006 que 5% des votes.
Un an plus tard, lorsque Roger Duguay a été élu à la chefferie du NPD, il prenait donc la tête d'un parti affaibli et endetté, qui n'avait ni bureau, ni employé. Pendant sa première année, il a sillonné la province de façon bénévole pour mobiliser ses membres et réorganiser le NPD.
Trois ans plus tard, même si le parti est loin d'avoir les moyens de ses rivaux libéraux et progressistes-conservateurs, Roger Duguay est fier de dire que le NPD a réussi à tripler ses membres et à effacer sa dette. La formation politique a même été en mesure d'ouvrir un nouveau bureau à Fredericton qui compte six employés à temps plein.
Roger Duguay estime que le parti a aussi fait beaucoup de progrès en terme de recrutement de candidats en vue des élections provinciales, qui sont prévues pour le 27 septembre. Il prévoit même que le parti aura sélectionné un nombre record de candidats avant le déclenchement des élections et vise une présence néo-démocrate dans les 55 circonscriptions de la province.
«Notre meilleure préparation était en 2003, lorsque nous avions 17 candidats sélectionnés lors du déclenchement des élections. En ce moment, on en a déjà 11 de sélectionnés et on devrait en avoir 21 d'ici la fin du mois de juillet. Je suis confiant que d'ici les élections on pourrait déjà avoir de 35 à 40 candidats», confie Roger Duguay.
Si le chef néo-démocrate ne se fait pas d'illusions quant à ses chances de former le prochain gouvernement, il croit tout de même que son parti pourrait être en mesure de surprendre et de faire élire quelques députés. Son objectif est de tenir la balance du pouvoir à l'Assemblée législative, ce qui lui prendrait au moins trois ou quatre députés.
«On a plusieurs bons candidats, qui sont bien connus dans leur communauté, donc je pense que c'est faisable», confie Roger Duguay.
Sa grande priorité sera toutefois de se faire élire lui même pour assurer une représentation de son parti à Fredericton, ce que le NPD n'a su obtenir depuis le départ de son ancienne chef, Elizabeth Weir, en 2005.
Roger Duguay se présentera dans la circonscription de Tracadie-Sheila, actuellement représentée par le progressiste-conservateur Claude Landry. Le chef néo-démocrate se dit très confiant de pouvoir remporter ce siège.
«Les gens cherchent du changement», estime Roger Duguay.
Il entend d'ailleurs travailler fort pour convaincre la population qu'il peut incarner ce changement et n'attendra pas le déclenchement officiel de la campagne pour le faire. Roger Duguay a ainsi déjà commencé à faire du porte-à-porte et confie avoir déjà visité plus de 1000 foyers de la région au cours des derniers mois.
Avec déjà quatre campagnes électorales à son actif, il estime d'ailleurs que les gens commencent à mieux le connaître et pense pouvoir les convaincre qu'il est temps que le NPD retrouve une présence à Fredericton.





